LA PHILOSOPHIE

« Il faut savoir prendre les choses avec philosophie », dit-on souvent.

Pour la majorité d’entre nous, la discipline irait donc au-delà de la connaissance,

Tendant peu à peu à quelque chose comme un art de vivre.

De fait, on peut être philosophe sans rien savoir de la philosophie.

Et tout connaître des philosophes… sans l’être soi-même.

 

Qu’est ce que la philosophie ?

C’est une réflexion sur les êtres et les choses, sur le monde et sur la place que l’homme y occupe

 

Quand est-elle apparue ?

Les plus anciennes traces d’une pensée philosophique datent des VII et VI siècles avant notre ère, au cours desquels vécurent des penseurs tels que Thalès, Anaximandre et Héraclite.

 

Qu’est-ce qu’un philosophe? A chaque époque correspond une définition. Ainsi, dans l’Antiquité – pour Socrate -, le philosophe est celui qui recherche à se connaître lui-même. Au siècle, il est à la fois un savant et un penseur. L’Encyclopédie du siècle des Lumières voit en lui « un honnête homme qui agit en tout par raison, et qui joint à un esprit de réflexion et de justesse les mœurs et les qualités sociales ». A notre époque, le philosophe est souvent un penseur qui reprend en compte les sciences humaines – la sociologie et la psychanalyse, pour l’essentiel.

 

 

ABELARD ET HELOÏSE

Philosophe à l’esprit pénétrant, qui développa une théorie inédite de la connaissance, selon laquelle les idées générales sont des créations de l’esprit et non des représentations fidèles de la réalité, Abélard (1079-1142) est aujourd’hui plus connu pour sa dramatique histoire d’amour avec Héloïse, nièce du chanoine Fulbert. Cette jeune fille lettrée avait passé son enfance au couvent d’Argenteuil, puis à Paris, sous la garde de son oncle. Élève d’Abélard, qui jouissait déjà d’une grande réputation, elle devint sa maîtresse et l’épousa en secret, après avoir donné naissance à un fils, Astralabe. Le chanoine, qui se sentait atteint dans son honneur, fit émasculer Abélard. Les époux entrèrent alors en religion, Abélard continuant d’enseigner la philosophie dans différents monastères, et Héloïse devenant abbesse du Paraclet.

 

Académie – École de philosophie fondée par Platon à Athènes. Elle a fonctionné du Ier au IV siècle avant Jésus-Christ, et elle correspond à deux périodes: celle de l’Ancienne Académie – avec Speusippe et Xénocrate – et celle de la Nouvelle Académie – avec Carnéade et Antiochos d’Ascalon.

 

Agnosticisme – Doctrine philosophique professant que l’absolu est inconnaissable, que l’origine et la destinée des choses restent un mystère.

 

Alain, ou Emile Chartier (1868-1951) – Philosophe français. Il était pacifiste et rejetait toute forme de tyrannie. Ses œuvres – Propos sur le bonheur (1925), Les Dieux (1934), etc. -, écrites dans un style extrêmement concis, ont exercé une profonde influence sur les écrivains de sa génération.

 

Alembert, Jean Le Rond d’ (1717-1783) – Écrivain, philosophe et mathématicien français. Avec Diderot, il fut le principal auteur de l’Encyclopédie, dont il rédigea le « Discours préliminaire » – un résumé de la philosophie du siècle.

 

Althusser, Louis (1918-1990) – Philosophe français. Il se distingua par sa réflexion sur l’œuvre de Marx, dont il fit une lecture critique et scientifique. On lui doit un véritable système philosophique marxiste et une nouvelle description de l’État.

 

Anaxagore (500-428 av J.C.) – Philosophe et savant grec, il eut Périclès – peut-être Socrate – pour élève. Il est surtout l’auteur d’une théorie expliquant la formation de l’Univers, mais il a aussi trouvé la raison des éclipses de la Lune et du Soleil.

 

Arcésilas (v.316-241 av. J-C) – Philosophe grec, fondateur de la Nouvelle Académie. Il affirmait que la vérité ne peut être démontrée et qu’il vaut donc mieux s’abstenir de tout jugement.

 

Aristote (384-322 av J.C.) – Philosophe grec, fondateur de l’école péripatéticienne. Élève de Platon, il est, sans doute avec celui-ci le plus grand penseur de l’histoire de la philosophie. C’est aussi un incomparable poète. Son génie est d’avoir élaboré le premier système de pensée critique, sur lequel est fondée toute la science. Ses œuvres, les Analytiques, l’Ethique, la Politique, etc., ont ouvert la voie à la pensée moderne.

 

Associationnisme – Théorie, mise au point par Stuart Mill, faisant de l’association des idées la base de l’activité mentale. Elle est parfois appelée théorie empiriste de la connaissance.

 

Atomismes – Doctrine selon laquelle la formation de l’Univers résulte d’un assemblage mécanique et hasardeux d’atomes. Voir Démocrite.

 

Averroès, ou Ibn Ruchd (1126-1198) – Philosophe et médecin arabe. Il étudia les sciences et la philosophie dans sa ville natale, Cordoue (Espagne), qui était la ville phare de l’Occident islamique et dont il devient le grand cadi (juge musulman). Sa pensée, à la fois matérialiste et rationaliste, exerça une influence considérable au Moyen Age. Les Commentaires d’Aristote sont l’un de ses ouvrages les plus connus.

 

Avicenne, ou Ibn Sina (908-1037) – Philosophe et médecin iranien dont la doctrine est composée d’idées aristotéliciennes et de théories orientales. Il est l’auteur de plus de 270 ouvrages – dont le Canon de la médecine et la Philosophie illuminative -, qui eurent une très grande influence sur la pensée de l’Occident médiéval.

 

Bachelard, Gaston (1884-1962) – Philosophe français. Son œuvre est une réflexion sur la science moderne (Le Nouvel Esprit scientifique, 1934; Le Rationalisme appliqué, 1945) et une médiation sur l’art poétique (L’Air et les songes, 1943; La Poétique de l’espace, 1957).

 

Bacon, Francis, baron Verulam (1561-1626) – Homme politique et philosophe anglais. Il donna une nouvelle logique à la recherche scientifique, une méthode déductive qui part du fait particulier pour aboutir à des principes généraux. Ses principaux ouvrages sont De la dignité et de l’accroissement des sciences (1605) et le Nouvel Organon (1620).

Bakounine, Mikhaïl (1814-1876) – Écrivain et anarchiste russe. Membre de la 1re Internationale, il s’opposa à Marx et devint le théoricien de l’anarchisme (L’État et l’Anarchie, 1873).

 

Barthes, Roland (1915-1980) – Écrivain et sémiologue français, il fut à l’origine d’un renouveau de la critique littéraire. Du Degré zéro de l’écriture (1953) aux Fragments d’un discours amoureux (1977), une grande part de sa réflexion porte sur l’essence de la communication.

 

Bayle, Pierre (1647-1706) – Écrivain, critique et philosophe français. Titulaire de deux chaires de philosophie (Sedan et Rotterdam), ce calviniste converti au catholicisme puis retourné au protestantisme fut un ardent apôtre de la tolérance. A partir de 1965, il se consacra à son chef-d’œuvre, le Dictionnaire historique et critique. Avec cet ouvrage, qui annonce la critique littéraire moderne, Bayle devient le premier philosophe historien, passant au crible les problèmes d’exégèse, de théologie et de morale.

 

Béhaviorisme. – Théorie selon laquelle la psychologie doit être fondée sur l’étude exclusive des relations existant entre stimulus et réponse. Elle s’oppose à la psychologie d’introspection.

 

Bergson, Henri (1859-1941) – Philosophe français, pris Nobel de littérature en 1928. Il a souligné le rôle primordial de l’intuition (L’Évolution créatrice, 1907) et a notamment influencé Proust. Voir aussi Intuitionnisme.

 

Berkeley, George (1685-1753) – Évêque et philosophe irlandais. Il estimait que toute la réalité du monde matériel réside dans la perception que l’on en a.

 

Budé, Guillaume (1467-1540) – Humaniste français. Il répandit en France l’étude du grec et obtint de François Ier la nomination de lecteurs royaux, fondant ainsi le Collège de France.

 

L’ÂNE DE BURIDAN

Cette fable conte le tragique destin d’un âne qui n’arrive pas à choisir entre un boisseau d’avoine et

un seau d’eau. Il hésite si longtemps qu’il finit par mourir de faim. L’histoire, attribuée au philosophe scolastique Buridan (v. 1300-1358) – bien qu’on n’en trouve pas trace dans ses écrits –, est une démonstration par l’absurde que, dans la réalité, on est toujours, en toute circonstance, amené à faire un choix.

 

Carnap, Rudolf (1891-1970)- Philosophe allemand, chef de file du Cercle de Vienne, qui défendait une conception scientifique du monde. Il émigra aux États-Unis et participa à la direction d’une encyclopédie des sciences dont l’objectif était de normaliser l’ensemble des connaissances scientifiques.

Cartésianisme- Philosophie de Descartes et de ses disciples. L’essentiel du cartésianisme, exposé dans le Discours de la méthode, peut être résumé par quatre règles: certitude, analyse, synthèse, énumération. Voir ci-dessous.

 

LE DISCOURS DE LA MÉTHODE

Seule la vérité permet de « voir clair en ses actions et [de] marcher avec assurance en cette vie ». Descartes assure que l’homme doit rechercher la vérité. Son Discours de la méthode, premier ouvrage philosophique écrit en français, propose quatre clés pour y accéder. La première: être sûr

de soi, « ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne connusse évidemment être telle ».

La deuxième : analyser, « diviser chacune des difficultés que j’examinerais en autant de parcelles qu’il pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre ». La troisième : établir la synthèse, conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusqu’à la connaissance des plus composés [...] ». La quatrième : énumérer, « faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre ». Quant au célèbre Cogito, ergo sum (« je pense, donc je suis »), il est, dans le Discours comme dans les Méditations métaphysiques, l’aboutissement du « doute méthodique », qui porte sur toute chose, excepté le doute lui-même (« Douterais-je de tout, il est certain que je doute »). Or, si je doute, je pense, et si je pense, je suis.

 

Comte, Auguste (1798-1857) – Philosophe français, fondateur du positivisme. Son Cours de philosophie positive (1842) expose que l’état des sciences exige une réforme intellectuelle. Il fut également le fondateur de la sociologie, à laquelle il appliqua les méthodes utilisées en physique.

 

Conceptualisme – Doctrine selon laquelle nos connaissances apparaissent à l’occasion d’expériences ponctuelles, qui sont révélatrices d’idées déjà existantes; autrement dit, nos idées générales existent à l’état latent, et elles sont révélées par un événement particulier. Cette théorie a été développée dès le XIIe siècle par Abélard.

 

Condillac, Etienne Bonnot de (1715-1780) – Philosophe français. Dans son Traité des sensations (1754), il élabore une théorie de la connaissance fondée sur les sensations, qui, par leurs transformations, expliquent tout : mémoire, jugement, raisonnement, etc.

 

Condorcet, Marie Jean Antoine de Caritat, marquis de (1743-1794) – Mathématicien, philosophe, économiste et homme politique français. Il collabora à l’Encyclopédie (articles d’économie politique) et organisa l’instruction publique sous la Convention. Proche des Girondins, il fut mis en accusation et arrêté; il s’empoisonna dans sa cellule.

 

Confucius (v. 551-v. 479 av. J.C.) – Philosophe et réformateur chinois. Sa doctrine se fonde sur la nécessité des devoirs de l’homme envers ses semblables, ces devoirs moraux étant les garants d’une société harmonieuse. Le confucianisme a profondément et durablement influencé la pensée chinoise.

 

Criticisme – Mise au point par Kant, cette méthode analyse les sources de notre conscience du monde et tente de cerner les limites de l’entendement humain. Critique de la connaissance, elle s’oppose au dogmatisme.

 

Cynisme – Fondée sur le mépris absolu des règles et convenances des comportements sociaux, cette école philosophique, créée par Antisthène, affirme que la sagesse vient du renoncement aux choses de ce monde.

 

Deleuze, Gilles (1925-1995) – Philosophe français. Ses études sur Nietzche l’ont notamment conduit à s’intéresser au concept de « différence », qu’il estimait être « le vrai commencement de la philosophie ».

 

Démocrite (v460-370 av. J.-C.) – Philosophe grec, précurseur de la théorie atomique, pour qui «rien ne naît de rien ». Il fut, en effet, le premier à émettre l’idée que la nature pouvait être composée de vide et de particules infiniment petites, les atomes. Il pensait que la perception des choses était également due à l’émission de particules agissant sur le sens.

 

Descartes, René (1596-1650) – Mathématicien et philosophe français, il créa la géométrie analytique et découvrit les principes de l’optique géométrique. Philosophe classique, il imposa un style de pensée fondé sur la conviction que des « des idées claires et distinctes » mènent à la connaissance de la vérité. L’essentiel de ses théories est exposé dans le Discours de la méthode (1637) et les Méditations métaphysiques (1641).

 

Déterminisme – Idée selon laquelle les actes humains seraient régis par des lois rigoureuses : tout fait ayant une cause, les même causes, dans les mêmes conditions, produisent les mêmes effets.

 

Diderot, Denis (1713-1784) – Philosophe et écrivain français, il dirigea la rédaction de l’Encyclopédie (1751-1772). Esprit universel, il s’affirma comme critique d’art – Salons (1759-1781) – et publia aussi des essais et des romans : La Religieuse, Jacques le Fataliste (1796), Le Neveu de Rameau (1821)…

 

L’ENCYCLOPEDIE ET LA PHILOSOPHIE

Premier dictionnaire moderne de France, l’Encyclopédie (ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers), dont la publication s’échelonna de 1751 à 1772, compte 17 volumes in-folio et 11 volumes de planches. Crée dans le but de présenter toutes les connaissances de l’époque, cet ouvrage méthodique, « Tableau général des efforts de l’esprit humain dans tous les genres », est représentatif de la pensée philosophique du XVIII siècle. Diderot en fut le maître d’œuvre avec d’Alembert, qui écrivit le « Discours préliminaire » et traita des questions mathématiques. Ils s’entourèrent de nombreux collaborateurs: Helvétius et l’abbé de Condillac (philosophie), l’abbé Yvon (théologie), Holbach (chimie), Daubenton (histoire naturelle), Turgot (économique politique), etc. Voltaire, Rousseau et Montesquieu y rédigèrent des articles.

 

Diogène le Cynique (413-327 av J.-C.) – Ce philosophe grec, disciple d’Anthistène, pensait que la sagesse appartient à l’homme « naturel », à celui qui s’affranchit du désir et réduit ses besoins au minimum. Diogène professait un tel mépris des richesses et des convenances que lui-même logeait dans un tonneau.

 

Dogmatisme – Attitude acceptant sans discussion, avec une certitude absolue, qu’une idée ou un principe puisse être définitivement valable. Se dit en philosophie de toute doctrine ou théorie fondée sur un principe établi.

 

Dualisme -Théorie consistant à admettre deux principes différents ou antagonistes, comme le bien et le mal, la matière et l’esprit…Ce système, que l’on assimile souvent au pluralisme, s’oppose au monisme, selon lequel il n’existe qu’une seule réalité.

 

Durkheim, Emilie (1858-1917) – Pour le fondateur en France de la sociologie, le développement de l’individu s’accompagne d’une dépendance toujours plus grande vis-à-vis de la société. C’est celle-ci qui donne à l’homme une utilité et une conscience morale.

 

Eckhart, Johann, dit Maître (v. 1260-v. 1327) – Dominicain et philosophe allemand, il tenta de concilier panthéisme et croyance en un seul Dieu. Sa pensée, à la fois mystique et rationnelle, exerça une forte influence sur la philosophie allemande.

 

Eclectisme – Choix de thèses empruntées à divers systèmes pour former une seule doctrine. C’est également une école philosophique fondée par Victor Cousin (1792-1867).

 

Empirisme – Doctrine philosophique développée par Locke et Hume, entre autres, selon laquelle l’expérience est l’unique source de connaissance. Cette théorie s’oppose au rationalisme, qui estime que les idées procèdent de l’esprit, admettant toutefois qu’elles puissent naître de l’expérience.

 

Engels, Friedrich (1820-1895) – Théoricien socialiste allemand, fondateur de la sociologie ouvrière, ami de Marx, avec lequel il écrivit le Manifeste du parti communiste (1848). Ses activités révolutionnaires l’amenèrent à se réfugier en Angleterre, où il édita une partie des œuvres posthumes de Marx, contribuant à la diffusion du matérialisme dialectique et historique.

 

Epicure (341-270 av J.-C.) – Il reste très peu d’écrits de ce philosophe grec, qui professait à Athènes dans un lieu de sérénité et d’études surnommé le « jardin d’Épicure ». Il y enseignait que « le bonheur est le souverain bien », morale que l’on peut atteindre par la pratique de la vertu et de la sagesse.

 

Epiphénoménisme – Théorie psychologique selon laquelle la conscience ne serait que le produit d’influx nerveux. Ainsi nos actes ne résulteraient pas d’une libre volonté.

 

Erasme (v.1469-1536) – Cet humaniste hollandais était attiré par la Réforme. Son aversion pour la violence l’empêcha toutefois de se joindre ouvertement aux réformés. Son idéal communautaire, pétri de sagesse, de tolérance et d’humanisme chrétien, fait d’Érasme le précurseur de l’esprit moderne.

 

Eratosthène (v. 284-v. 192 av. J.-C.) – Astronome et philosophe grec de l’école d’Alexandrie. Il inventa les nombres premiers et fut le premier à calculer la circonférence de la Terre.

 

Eudoménisme, voir Hédonisme

 

Evolutionnismes – Théorie soutenue par Lamarck – défendant l’influence du milieu – et Darwin – le théoricien de la sélection naturelle – suivant laquelle l’évolution des espèces animales obéirait à un principe de continuité impliquant un lien entre les espèces les moins et les plus évoluées.

 

Existentialisme – Philosophie de l’homme et de sa condition fondée sur le principe selon lequel « l’existence précède l’essence » (Sartre). Au départ, l’homme n’est rien ; il devient ce qu’il fait de lui-même et il est responsable du destin qu’il se crée en toute liberté. Cette pensée s’oppose aux philosophies des idées.

 

L’ÊTRE ET LE NÉANT

Cet ouvrage (1943) expose l’essentiel de la pensée de Jean-Paul Sartre. Il y analyse les problèmes de l’existence humaine : du Néant, d’où procède toute vie, l’homme retourne à l’Être que, dans l’angoisse, il aspire à devenir. Dans cette œuvre ardue où l’on trouve les principes de l’existentialisme, Sartre s’attache à cerner les contours d’une réalité fuyante et en perpétuelle évolution.

 

Fichte, Johann Gottlieb (1762-1814) – Philosophe allemand dont la réflexion axée sur la liberté s’exprime à la fois de manière théorique (Théorie de la science, 1794) et sur le mode militant (Contributions destinées à rectifier le jugement du public sur la Révolution française, 1793).

 

Foucault, Michel (1926-1984) – Philosophe français, professeur au Collège de France. Il analysa les discontinuités de la société, chaque époque ou chaque culture s’organisant selon des normes différentes – définissant ce qui la limite et ce qui est hors d’elle – et éliminant ceux qui n’y répondent pas. Son ouvrage Les Mots et les choses (1966) présente l’essentiel de sa pensée.

 

Gassendi, Pierre Gassend, dit (1592-1655) – Mathématicien et philosophe français, fervent admirateur de Galilée, qui se livra à de nombreuses observations physiques et astronomiques (vitesse de propagation du son, satellites de Jupiter, etc.). Il s’opposa aux théories cartésiennes dans ses Objections aux Méditations (1644).

 

Hédonisme Morale du bonheur fondée sur le plaisir physique. Se distingue de l’eudoménisme, qui englobe l’épicurisme et voit le bonheur dans le plaisir intellectuel.

 

Hegel, Georg Wilhelm Friedrich (1770-1831) – Philosophe allemand qui le premier s’attacha à penser les réalités sociales et spirituelles. Deux ouvrages eurent une influence considérable: la Phénoménologie de l’esprit (1806) présente toutes les expériences de l’âme qui se réalise, et la Grande Logique (1816) décrit le savoir absolu, ultime étape de toute vie humaine.

 

LA DIALECTIQUE

Au sens premier, c’est l’art de dialoguer. Chez Hegel, la dialectique est négative quand il s’agit de réfuter et positive lorsqu’elle participe à l’édification d’une connaissance : tenir une opinion pour certaine (la thèse) et reconnaître le bien-fondé de l’opinion contraire (l’antithèse) permet d’aboutir à la connaissance (la synthèse).

 

Hégélianisme Doctrine philosophique de Hegel qui consiste à penser la vie en s’appuyant sur la dialectique : thèse, antithèse, synthèse. Cette pensée donna lieu à de nombreuses interprétations (hégélianisme « orthodoxe », néo-hégélianisme, hégélianisme « de gauche »). Texte ci-dessus.

 

Heidegger, Martin (1889-1976) – Philosophe allemand élève de Husserl qui, dans l’Être et le Temps (1927), son ouvrage fondamental, s’attacha à définir l’être absolu. Il influença Sartre et les existentialistes et annonça les décadences des temps modernes.

 

L’ETRE ET LE TEMPS

Dans cet ouvrage monumental (1927), Martin Heidegger a pour objectif de déterminer le « sens de l’être ». La philosophie de Heidegger passe par le langage, et il serait vain de vouloir résumer sa pensée sans se livrer à une étude de son vocabulaire. Nous ne donnerons donc que quelques points de repère : le sentiment que l’homme a de son essence lui fait vivre son existence dans l’angoisse ; l’être humain a à la fois une vie « authentique » (l’être s’achemine vers la mort) et une vie « inauthentique » (il vit en référence aux autres, laisse la décision aux autres, se protège par le « verbiage »), et il ne s’accomplit qu’en mourant.

 

Helvétius, Claude Adrien (1715-1771) – Ce philosophe français, encyclopédiste profondément athée, estimait que nos idées et nos connaissances proviennent de nos sensations.

 

Herméneutique – Notion importante de la philosophie moderne consistant à donner un sens à toutes les formes d’expressions humaines représentatives d’une culture : mythes, symboles religieux, œuvres d’art, etc. C’est aussi l’interprétation des textes, notamment des Écritures.

 

Herzen, Alexandre Ivanovitch (1812-1870) – Philosophe matérialiste et écrivain russe qui dénonça les tares du régime tsariste et adopta une sorte de socialisme utopique. Il fut arrêté et exilé à plusieurs reprises pour ses idées.

Hobbes, Thomas (1588-1679) – Philosophe matérialiste anglais célèbre pour avoir démonté, dans Léviathan (1651), les mécanismes du despotisme et associé la notion de pouvoir absolu à celle de contrat social.

 

Humanisme – Mouvement intellectuel et philosophique accordant la primauté au développement des qualités essentielles de l’être humain dans le respect de sa dignité. Il varie selon les conceptions : il peut être chrétien, marxiste ou existentialiste.

 

Hume, David (1711-1776) – Philosophe empiriste et historien écossais. Ses Essais moraux et politiques (1742) sont à l’origine des théories économiques libérales (notamment celles d’Adam Smith.

 

Husserl, Edmund (1859-1938) – Philosophe allemand qui posa les principes de la phénoménologie (Idées directrices pour une phénoménologie pure et une philosophie phénoménologique, 1913). Sa méthode est dite phénoménologique dans la mesure où il considère que les idées, ou essences, sont directement « données » à l’intuition. Il s’éleva contre les partisans d’une philosophie réduite à des conceptions arbitraires du monde pour développer une pensée de la vie. Voir Phénoménologie.

 

Idéalisme – Position philosophique selon laquelle notre connaissance du monde ou de l’être est limitée aux idées que nous nous en faisons, et pour laquelle il n’y a pas de réalité indépendante de la pensée. Cette conception, définie par Berkeley s’oppose au réalisme.

 

Intellectualisme – Doctrine philosophique affirmant la primauté de l’intelligence sur les sentiments et la volonté. Elle se distingue du volontarisme, qui voit une décision volontaire à l’origine de toute expression et de toute compréhension.

 

Intuitionnisme – Méthode d’analyse philosophique, utilisée par Bergson, selon laquelle seule, et sans le secours du raisonnement, l’intuition est instrument de connaissance.

 

James, William (1842-1910) – Philosophe américain qui fut l’un des fondateurs du pragmatisme et dont la théorie est exposée, entre autres, dans Le Pragmatisme (1970) et La Philosophie de l’expérience (1910).

 

Jaspers, Karl (1883-1969) – Philosophe et psychiatre allemand considéré comme l’un des principaux philosophes existentialistes. Ses réflexions portent sur les contradictions de l’homme, déchiré entre matérialité et spiritualité, science et religion. Parmi ses œuvres : Psychologie des conceptions du monde (1919), La Bombe atomique et l’avenir de l’humanité (1957).

 

Kant, Emmanuel (1724-1804) – L’essentiel de la pensée de cet Allemand, fondateur de la philosophie critique ou transcendantale, est présenté dans sa Critique de la raison pure (1781), où il tente de cerner les limites du savoir et affirme que le principal n’est pas d’étendre notre connaissance du monde, mais d’approfondir celle de l’homme. Voir Criticisme.

 

Kierkegaard, Sören Aabye (1813-1855) – Philosophe et théologien danois. Il opposa au système philosophique objectif et universel la vérité de la subjectivité, l’existence individuelle livrée à la souffrance, à la solitude, aux contradictions, à l’angoisse de la liberté. Contre l’Église institution, il proposa également une métaphysique des rapports de l’homme avec Dieu. Ses œuvres, parmi lesquelles Étapes sur le chemin de la vie (1845), influencèrent considérablement les existentialistes.

 

Lao-tseu (VI ou V siècle av J.-C.) – Philosophe chinois fondateur du taoïsme. Ses enseignements sont consignés dans le Tao-tö king, « livre de la voie et de la vertu », où il est notamment dit que, pour retrouver le tao (la « voie »), l’homme doit vivre dans l’humilité.

 

Leibniz, Gottfried Wilhelm, baron Von (1646-1716) – Philosophe et mathématicien allemand surdoué, il découvrit, au même moment que Newton, le principe du calcul différentiel et intégral, créa la science du mouvement – qu’il conciliera avec une métaphysique idéaliste. Parmi ses nombreux ouvrages, on retiendra trois titres capitaux : Nouveaux Essais sur l’entendement humain (1704), où il expose la théorie des idées innées; Essais de théodicée (1970), où il soutient qu’à défaut d’être bon le monde est le meilleur des mondes possibles – ce que l’on appellera son « optimisme »; Monadologie (1714), synthèse de sa théorie de l’harmonie préétablie (préordination divine de l’univers).

 

Locke, John (1632-1704) – Philosophe anglais. Sa doctrine, exposée dans son Essai sur l’entendement humain (1690), affirme que nos connaissances viennent de l’expérience (empirisme) et de la sensation (sensualisme) aidées de la réflexion.

 

Maine de Biran, Marie Francois Pierre, Gontier de Biran, dit (1766-1824) – Philosophe français, appartenant au mouvement spiritualiste, qui s’intéressa à l’analyse des actes volontaires.

 

Malebranche, Nicolas de (1638-1715) – Venu tardivement à la philosophie, ce cartésien spiritualiste français élabora dans son ouvrage De la recherche de la vérité (1674) une théorie du Verbe et des sources divines de la connaissance.

 

Manichéisme Doctrine philosophique élaborée par Mani et fondée sur la coexistence des principes opposés du Bien et du Mal. Le manichéisme se manifesta en Europe à partir du VI siècle, se voulant alors religion universelle.

 

Marcel, Gabriel (1889-1973) – Philosophe existentialiste chrétien français. Il s’intéressa aux rapports humains et à la notion d’autrui, qui selon lui, mène à celle de Dieu.

 

Marcuse, Herbert (1898-1979) – Philosophe américain d’origine allemande. Il se rendit célèbre pour ses critiques de la société de consommation, exposées notamment dans l’Homme unidimensionnel (1968).

 

Marx, Karl Heinrich (1818-1883) – Philosophe et économiste allemand théoricien du socialisme. Sa pensée inspira le communisme et révolutionna la réflexion politique du XX siècle. Il publia avec Engels le Manifeste du parti communiste (1848). Le Capital (1864-1876), qu’il laissera inachevé, est son œuvre principale.

 

Marxisme ou matérialisme dialectique – Doctrine de Marx et Engels, expliquant l’évolution de la société à partir des réalités économiques. Cette théorie implique, dans une dynamique de lutte des classes, l’instauration d’un régime issu du peuple; elle fait de l’homme l’acteur et non le spectateur de son histoire. Le matérialisme assure que l’être est uniquement de nature matérielle et refuse la réalité du psychisme. En niant l’âme, il s’oppose au spiritualisme.

 

Merleau-Ponty, Maurice (1908-1961) – Philosophe français. Sa doctrine, influencée par Husserl et empruntant à la phénoménologie (le «retour aux choses mêmes », et à l’existentialisme est une médiation sur la globalité de l’homme, à la fois esprit et corps : Phénoménologie de la perception (1945), Humanisme et Terreur (1947), etc. Le thème principal de son œuvre est celui de l’expérience vécue.

 

Mill, John Stuart (1806-1873) – Philosophe et économiste anglais. Influencé par Hume, il s’opposa aux doctrines de l’intuition et proposa une théorie empiriste de la connaissance en fondant l’associationnisme. Ses positions, notamment sur les méthodes d’expérimentation, sont exposées dans ses Principes d’économie politique (1848). Il fut également un représentant de l’utilitarisme .

 

Monisme – Système philosophique, opposé au dualisme et au pluralisme, qui n’accepte qu’un seul principe de réalité considérant l’être comme fait d’une substance unique – différente selon les écoles : matière (monisme matérialiste d’Épicure ou de Marx) ou esprit (monisme spiritualiste de Hegel).

 

Montesquieu, Charles de Secondat, baron de la Brède et de (1689-1755) – Écrivain et philosophe français dont l’œuvre principale, De l’esprit des lois (1734-1748), fut à l’origine des doctrines libérales.

 

Morale – Ensemble des règles qui dirigent l’action humaine et définissent les buts de la vie. Il y a des morales du bien, dont la finalité est le bonheur, et des morales du devoir, dont la finalité est la vertu. Constituée dès l’Antiquité, la morale est la partie la plus importante de la philosophie.

 

Mysticisme ou mystique – Croyance ou doctrine philosophique fondée sur le sentiment de l’intuition; action visant à accéder à une réalité divine par le sentiment. Cette approche de la vie s’oppose radicalement au rationalisme, pour lequel la fin dernière est de se réaliser humainement.

 

Naturalisme – Doctrine philosophique refusant l’existence d’un principe créateur ou organisateur transcendant par rapport à la nature, laquelle existe par elle même, les choses n’étant que matière.

 

Newton, Isaac (1642-1727) – Mathématicien, astronome, physicien et philosophe anglais. On lui doit la théorie de la gravitation universelle, la découverte de la composition de la lumière blanche et le calcul différentiel ou infinitésimal. Grâce à l’astronome Halley, qui le finança, ses travaux furent publiés, dans ses Principes mathématiques de philosophie naturelle (1687).

 

Nietzche, Friedrich (1844-1900) – Philosophe allemand. Il chercha à concilier le monde des désirs et celui de la sagesse à travers son amour de la vie – qu’il appelait son « vouloir-vivre ». Il a développé l’essentiel de cette pensée dans Ainsi parlait Zarathoustra (1883), où il annonce l’avènement d’un homme supérieur (le «surhomme») qui, affranchi du pessimisme et des valeurs établies (les « morales d’esclaves »), créera des valeurs nouvelles et dont la « volonté de puissance » sera l’affirmation même de la vie. Parmi ses nombreux ouvrages, citons encore Le Gai Savoir (1882), Par-delà bien et mal (1886), La Généalogie de la morale (1887) et L’Antéchrist (1888).

 

Nominalisme Doctrine, répandue au Moyen Age, selon laquelle seule la réalité de l’individu est reconnue. En conséquence, l’idée du général n’existe pas: elle n’est représentée que par le mot. Le cynique Anthistène illustre ainsi cette théorie: « je vois bien le cheval, je ne vois pas la chevalité. »

 

Occam, Guillaume d’ (v.1295-v. 1379) – Philosophe nominaliste anglais. Précurseur des empiristes anglais (Locke, Hume, voir ces noms), il contribua à séparer la philosophie de la théologie, exposant, dans ses Commentaires sur les sentences, sa théorie d’une connaissance sensible, seule en mesure de garantir l’existence des êtres et des choses.

 

Occasionnalisme – Théorie – illustrée, entre autres, par Malebranche – d’après laquelle nos actes seraient la conséquence de causes naturelles et occasionnelles, elles-mêmes provoquées par Dieu, unique puissance créatrice.

 

Optimisme – Croyance philosophique dans la bonté naturelle de l’homme (Rousseau) et foi dans le progrès du genre humain (Encyclopédistes). Sans cet espoir, l’homme n’agirait pas.

Panthéisme – Système philosophique selon lequel Dieu est le monde. Les stoïciens, Spinoza, Hegel et les romantiques allemands de la fin du XVIII siècle adoptèrent cette doctrine.

 

Paracelse, Theopthrastus Bombastus von Hohenheim, dit (v. 1493-1541) – Alchimiste et médecin suisse, il critiqua les thèses d’Avicenne. Sa thérapeutique a pour fondement les correspondances supposées entre les éléments de l’Univers et ceux du corps. Par exemple, le cœur correspondrait au Soleil.

 

Pascal, Blaise (1623-1662) – Savant, philosophe et écrivain français, il rédigea à 16 ans un Essai sur les coniques, inventa à 19 ans la machine à calculer et élabora la théorie des probabilités. En 1654, il se convertit et rejoignit les jansénistes de Port-Royal, qu’il défendit dans Les Provinciales (1656-1657). Ses réflexions théologiques, réunies dans les Pensées (1670), posèrent la question de la condition de l’homme sans Dieu.

 

Péripatéticien, voir Aristote

 

Personnalisme – Doctrine sociale privilégiant le respect de la personne humaine, dont les intérêts passent avant ceux de l’État et des institutions.

 

Pessimisme – Doctrine philosophique qui soutient que la vie n’est qu’une perpétuelle douleur, parce que l’homme s’efforce d’obtenir ce qu’il n’a pas, et que ses besoins sont infinis.

Phénoménologie – Appliqué à la pensée de Husserl, ce terme désigne un courant de pensée qui privilégie le senti et le perçu pour saisir l’essence des choses. On parle également de la théorie de « l’intuition des essences ».

 

Pic de La Mirandole, Giovanni Pico Della Mirandola, dit Jean (1463-1494) – Humaniste italien, doué d’une mémoire prodigieuse, qui accumula des connaissances de toutes les civilisations, dans tous les domaines. Condamné pour avoir voulu prouver que tous les systèmes de pensée convergeaient vers le christianisme, il mourut empoisonné par son secrétaire.

 

Platon (428-348 av. J.-C.) – Philosophe grec, élève de Socrate et maître d’Aristote. Son enseignement est contenu dans ses vingt-huit Dialogues, dont certains, comme La République – qui traite de l’organisation de la cité idéale -, sont des sommes. Les thèmes essentiels de sa doctrine sont l’existence réelle des Idées, le dualisme âme/corps, la réminiscence comme source de la connaissance et l’intuition intellectuelle comme forme supérieure du savoir. On considère Platon comme le père de la philosophie occidentale, avec Socrate.

 

LE MYTHE DE LA CAVERNE

L’allégorie de Platon met en scène des prisonniers enchaînés dans une caverne, tournant le dos à l’entrée, qui ne voient du monde que les ombres – projetées par la lumière extérieure – des objets, lorsque ceux-ci sont portés par des hommes passant devant l’entrée. Ces prisonniers prennent les ombres pour des objets réels. Si l’on délivre un prisonnier et que celui-ci se dirige vers l’ouverture, il sera d’abord ébloui, puis il pourra distinguer les vrais objets. Par cet exemple, Platon signifiait que la connaissance s’acquiert par degrés. Ainsi sommes-nous enchaînés dans le monde des sensations : nous prenons les ombres pour la réalité, puis – grâce à la dialectique – nous pouvons accéder à la contemplation des Idées (les objets réels), et finalement à celle du Soleil, le Bien.

 

Pluralisme, voir Dualisme

 

Positivisme – Doctrine philosophique s’appuyant sur les faits comme outils de connaissance. Cette théorie concerne aussi bien les sciences, la politique et la religion.

 

Pragmatisme – Théorie selon laquelle une chose est vraie parce qu’elle est utile, pratique. Très en vogue au début du siècle, cette doctrine a aujourd’hui quasiment disparu. Voir James, William.

 

Présocratiques – Philosophes grecs, antérieurs à Socrate (Parménide, Héraclite, etc.), qui expliquaient l’univers par les mouvements de la nature.

 

Probabilisme – Doctrine selon laquelle vérité absolue n’existe pas, et dont la méthode d’investigation consiste à rechercher la vérité la plus probable.

 

Pyrrhon (v.365-275 av. JC.) – Philosophe grec enrôlé dans l’armée d’Alexandre. Il fut le chef de file du scepticisme antique, ou pyrrhonisme, qui prônait le refus systématique de toute prise de position, principalement dans le domaine métaphysique.

 

Pythagore (v.570-v. 480 AV.J.-C.)- Philosophe grec fondateur de la secte des pythagoriciens, surtout connu pour ses découvertes mathématiques et physiques. On lui attribue le théorème de l’hypoténuse et la table de multiplication. Également novateur en matière de théorie musicale, il définit la relation existant entre la longueur d’une corde qui vibre et le son qu’elle émet. On lui doit par ailleurs une philosophie de la nature où «tout est nombre ».

 

Réalisme – Théorie philosophique selon laquelle l’être et les choses ont une existence propre, indépendante de l’esprit qui les perçoit; ainsi pouvons-nous connaître le monde dans la réalité.

 

Relativisme – Formulée dans l’Antiquité, cette théorie avance que toute connaissance dépend de la subjectivité de l’homme – « L’homme est la mesure de toute chose », déclarait Protagoras -, si bien que rien n’est véritablement exact (Kant).

 

Ricoeur, Paul (1913) – Philosophe français dont la réflexion porte notamment sur l’être et l’action, et sur l’éthique en politique. Il refuse de réduire l’homme à ses facultés de connaissance.

 

Rousseau, Jean-Jacques (1712-1778) – Écrivain et philosophe genevois de langue française. Il pose comme principe que l’homme est naturellement bon et que c’est la société qui le corrompt. Auteur, entre autres, du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755), Émile ou De l’éducation (1762), du Contrat social (1762), des Confessions (1782-1789) et des Rêveries du promeneur solitaire (1776-1778), il collabora également à l’Encyclopédie.

 

Russell, Bertrand (1872-1970) – Mathématicien, philosophe et sociologue anglais. Pacifiste et réformateur social, il fut l’un des promoteurs de la logistique et est surtout connu pour son ouvrage Principes de mathématiques (1913). Prix Nobel de littérature en 1950.

 

Saint-Simon, Claude Henri de Rouvroy, comte de (1760-1825) – Philosophe et économiste français dont la doctrine (l’industrialisme) – qui, pour une plus grande égalité, prônait la réduction du pouvoir politique au profit des artisans économiques – inspira les pensées positiviste et socialiste.

 

Sartre, Jean-Paul (1905-1980) – Philosophe et écrivain français. Chef de file de l’existentialisme en France, il tenta une synthèse entre l’individualisme et le marxisme. Il est notamment l’auteur de La Nausée (1938), L’Être et le Néant (1943), L’Existentialisme est un humanisme (1946), Les Mots (1964). Voir encadré ci-dessous.

 

L’EXISTENTIALISME

Dans la mesure où l’existence est le noyau de la réflexion existentialiste, celle-ci correspond, chez chaque philosophe, à une expérience particulière de la réalité. On ne compte donc pas un existentialisme mais plusieurs, que l’on regroupe en deux familles : la philosophie existentielle (« empirique »), qui se donne pour but de comprendre l’existence concrète de l’homme dans le monde, et qui est représentée par Jaspers ou Merleau-Ponty ; la philosophie existentiale (« métaphysique »), qui cherche à définir l’essence de l’être humain, et dont Heidegger et Sartre sont les chefs de file.

 

Scepticisme - Doctrine philosophique reposant sur un refus de tout jugement affirmatif ou négatif, notamment en matière de métaphysique. Pour les sceptiques, il n’existe pas de vérité absolue, ce qui, par ailleurs, jette les prémices d’une distinction entre l’objectif et le subjectif.

 

Schelling, Friedrich Wilhelm Joseph von (1775-1854) – Philosophe panthéiste allemand postkantien qui développa dans ses Leçons sur la philosophie de la mythologie et de la révélation une philosophie de la nature fondée sur le sentiment. Il est également connu pour ses théories sur l’art, la théologie et la mythologie.

 

Schopenhauer, Arthur (1875-1965) – Philosophe allemand qui conjura idéalisme kantien et fatalisme oriental. D’après Le Monde comme volonté et comme représentation (1818), la « volonté », en tant que force vitale ou destructrice, est le fondement de toute connaissance.

 

Schweitzer, Albert (1875-1965) – Théologien, philosophe, missionnaire et musicien français. Il consacra sa vie au service des malades d’Afrique noire (Lambaréné), pour lesquels il récoltait des fonds en donnant des récitals d’orgue en Europe et en Amérique. Il est l’auteur de Philosophie de la culture et de Culture et éthique. Prix Nobel de la paix en 1952.

 

Scientisme – Mouvement positiviste, illustré par Auguste Compte (Voir ce nom), selon lequel la science, supprimant toute part d’inconnu, répondrait à tous les besoins de connaissance de l’homme.

 

Scolastique – Venu du Moyen Age, ce terme désigne l’enseignement, qui, à l’époque, était inséparable de la religion et de la théologie.

 

Sémiologie – Science analysant les signes produits par les groupes humains. Cette étude ne s’intéresse pas qu’au langage, mais s’étend à toutes les formes de communication.

 

Sénèque (v. 4 av. J.C.-65 apr. J.-C) – Philosophe stoïcien Latin qui fut le précepteur de Néron et du se suicider sur son ordre. De ses nombreux ouvrages se dégage une grande sagesse morale, fondée sur le respect de l’être humain : traités contre l’esclavage, contre les combats de gladiateurs, etc. Voir aussi Stoïcisme.

Sensualisme – Système philosophique développé par Condillac (voir ce nom), selon lequel toutes nos connaissances auraient pour origine nos sensation.

 

Socrate (430-399 av. J.-C.) – Philosophe grec, maître de Platon et de Xénophon, qui considérait que la conscience de sa propre ignorance est le début de la sagesse. Avec la maxime « Connais-toi toi-même », il suggérait que l’homme doit se débarrasser de son savoir – fait de préjugés et de discours démagogiques -, pour prétendre à une connaissance de soi, et qu’ainsi rendu à la simplicité de sa nature il peut se montrer naturellement bon, car « nul n’est méchant volontairement ». Condamné pour son ironie et ses opinions subversives, Socrate dut se suicider en buvant la ciguë.

 

Solipsisme – Doctrine philosophique selon laquelle rien n’existe en dehors de soi, les réalités extérieures étant considérées comme une simple « sécrétion » de la pensée.

 

Sophisme – Dans l’Antiquité grecque, art de la discussion (rhétorique) et raisonnement critique. On utilise également ce terme pour parler d’un raisonnement faux – ayant l’apparence d’une vérité, mais destiné à tromper – ou d’un discours spécieux.

 

Spengler, Oswald (1800-1936) – Philosophe allemand, disciple de Nietzsche. Dans son ouvrage Le Déclin de l’Occident (1992), il établit, dans une conception pessimiste de l’histoire, une analogie entre la vie des civilisations et les cycles humains. 

 

Spinoza, Baruch (1632-1677) – Philosophe juif hollandais qui, dans son œuvre principale, L’Éthique, analyse l’âme humaine et établit une doctrine panthéiste (voir ce mot) du salut par la connaissance de Dieu.

 

Spiritualisme – Doctrine, concernant la nature de l’être, selon laquelle l’esprit a la primauté sur la matière. Le spiritualisme s’oppose au matérialisme.

 

Stoïcisme – Née à la fin du IV siècle avant Jésus-Christ et active durant six cents ans, cette doctrine est fondée sur l’intention d’accéder à la vertu en vivant conformément à la nature, à la raison, et en renonçant aux passions. Elle aboutit à une morale rigoriste prônant le détachement et une volontaire insensibilité ;  « Supporte et abstiens-toi », dit Épictète.

 

Structuralisme – Méthode d’analyse, en sciences sociales et humaines, consistant à considérer le fait humain comme une réalité – une structure – dont les éléments constitutifs ont un sens des fonctions par rapport au tout, entretenant entre eux des relations qu’il s’agit de mettre en évidence pour appréhender le tout signifiant. Très en vogue dans les années 60, le structuralisme s’est reconnu comme chef de file Claude Lévi-Strauss, qui l’a notamment appliqué à l’étude de la famille et des mythes. Il a eu un grand retentissement sur la pensée de cette seconde moitié du XX siècle – citons : Lacan, Bourdieu, Foucault, Barthes, etc.

 

Subjectivisme – Système de pensée ramenant toute réalité à son appréciation personnelle. Le subjectivisme sous-entend ainsi que tout dépend du point de vue de la personne.

 

Thalès de Milet (v. 625-v. 547) – Mathématicien et philosophe grec, il aurait rapporté d’Égypte les fondements de la géométrie. Il résolut plusieurs problèmes (inscription d’un triangle dans un cercle, calcul de la hauteur d’un objet à partir de son ombre, etc.) et se rendit célèbre en prédisant une éclipse de Soleil (585 av. J.-C.). Dans sa doctrine, premier essai de philosophie de la nature, une seule substance existe : l’eau.

 

Utilitarisme – Doctrine morale selon laquelle l’intérêt particulier décide de toutes nos actions. Cette appréciation permettrait d’atteindre le bonheur, les philosophes moralistes utilisant souvent indifféremment les termes « bonheur » et « intérêt ».

 

Vitalisme – Doctrine physiologique selon laquelle il existerait un principe vital régissant nos actions, indépendamment de l’âme et du corps.

 

Volontarisme, voir Intellectualisme.

 

Voltaire, François Marie Arouet, dit (16694-1778) – Écrivain, critique et philosophe français. Fervent admirateur du libéralisme anglais, il attaqua avec esprit – et simultanément – l’Église, les institutions politiques, l’oppression, les injustices et la métaphysique. Moraliste pratique et déiste, il est l’auteur de romans – Zadig (1747), Candide (1759) -, de pièces de théâtre – Zaïre (1732), Mahomet ou le fanatisme (1741) -, d’œuvres historiques, d’essais, ainsi que d’un Dictionnaire philosophique (1764).

 

A QUOI S’OCCUPENT LES HOMMES ?

« Le voyageur se sentait ému de pitié pour la petite race humaine dans laquelle il découvrait de si étonnants contrastes.

- Puisque vous êtes du petit nombre des sages, dit-il à ces messieurs, et qu’apparemment vous ne tuez personne pour de l’argent, dites-moi, je vous en prie, à quoi vous vous occupez ?

- Nous disséquons des mouches, dit le philosophe, nous mesurons des lignes, nous assemblons des nombres ; nous sommes d’accord sur deux ou trois points que nous entendons, et nous disputons sur deux ou trois mille que nous n’entendons pas. » Voltaire, Micromégas (1752)

 

Xénophon d’Athènes (v.430-v. 355 av. J.-C.) – Philosophe et stratège militaire grec. Il est, avec Platon, le seul à avoir raconté la vie de Socrate, dans Les Mémorables et l’Apologie de Socrate.

 



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